Calculer son ROI au poker en tournoi

Trois indicateurs suffisent à décrire la performance d'un joueur de tournois : le ROI, l'ITM et l'ABI. Ils sont simples, souvent mal calculés, et le premier est régulièrement mal interprété.

Le ROI

Le ROI, pour return on investment, mesure ce que rapporte chaque euro investi.

ROI = (gains − investissement) ÷ investissement × 100

Un exemple. Tu joues 100 tournois à 10 €, soit 1 000 € investis, et tu encaisses 1 250 €. Ton net est de 250 €, ton ROI de 25 %.

L'erreur la plus fréquente consiste à diviser par le nombre de tournois plutôt que par la somme investie, ce qui n'a aucun sens dès que tes buy-ins varient.

Le piège des re-entries

Un tournoi à 10 € où tu te réinscris deux fois ne coûte pas 10 €, il coûte 30 €. L'investissement se compte en bulletins, pas en tournois. Le même raisonnement vaut pour les rebuys et les add-ons.

C'est la source d'erreur la plus courante dans les tableurs faits maison, et elle gonfle artificiellement le ROI de tout joueur qui se réinscrit souvent.

Le cas des bounties

En knockout, une partie du buy-in finance les primes. Tes gains doivent inclure les bounties encaissés, sinon ton ROI paraît catastrophique alors qu'il ne l'est pas.

Gains = prix de tournoi + primes encaissées. Les deux comptent, toujours.

L'ITM

L'ITM, pour in the money, est le pourcentage de tournois terminés dans les places payées.

ITM = tournois payés ÷ tournois terminés × 100

Un ITM typique en MTT à large field tourne autour de 12 à 18 %. Attention, un ITM élevé n'est pas forcément bon : un joueur qui se contente d'entrer dans les places payées sans jamais aller en table finale peut afficher 20 % d'ITM et un ROI négatif. En tournoi, la rentabilité se joue sur les premières places.

L'ABI

L'ABI, pour average buy-in, est le buy-in moyen de tes tournois.

ABI = total investi ÷ nombre de bulletins

Il sert à deux choses. Vérifier que tu respectes ta gestion de bankroll, et rendre ton ROI comparable dans le temps : un ROI de 30 % à 2 € d'ABI et un ROI de 10 % à 50 € ne se comparent pas, le second vaut bien plus en euros.

Les freerolls sont généralement exclus du calcul, sinon ils écrasent la moyenne sans rien signifier.

Combien de tournois avant de croire son ROI

C'est la question qui compte le plus, et la réponse déplaît : beaucoup plus que tu ne le penses.

En tournoi à large field, l'essentiel des gains vient d'un très petit nombre de résultats. Sur 100 tournois, une seule table finale peut transformer un ROI de −20 % en +40 %. Ton ROI sur 100 tournois ne dit donc presque rien de ton niveau.

On considère généralement qu'il faut de l'ordre de 1 000 tournois pour un signal exploitable, et plusieurs milliers pour une estimation fiable. Sur des fields de 1 000 joueurs et plus, c'est encore davantage.

En attendant cet échantillon, la seule chose que tu peux évaluer honnêtement, c'est la qualité de tes décisions. C'est là que la gestion de session prend tout son sens.

Segmenter plutôt que globaliser

Un ROI global mélange des choses incomparables. Découpe-le pour qu'il devienne utile.

  • Par type de tournoi : vanilla, knockout, mystery, satellite
  • Par taille de field : les petits fields sont bien moins variants
  • Par palier de buy-in : ton ROI s'écroule peut-être au-dessus d'un certain seuil
  • Par vitesse : turbo, hyper, normal

C'est ce découpage qui produit des décisions concrètes, du genre arrêter les hyper-turbos ou remonter d'un palier sur les formats où tu performes.

Le faire calculer

Ces calculs sont simples, mais les tenir à jour à la main sur des centaines de tournois ne tient pas dans la durée. PokerGrind les recalcule en continu à partir des tournois remontés par le capteur, bulletins, re-entries et bounties compris. Voir comment le capteur récupère tes tournois.